Le Bélingou, modeste ruisseau ?

Ruisseau le Bélingou

Connaissez-vous… le Bélingou ?

Le Bélingou, modeste ruisseau au nord-est de notre village forme, sur plus de 4 kilomètres, la limite entre Molières et Cadouin. 

Il naît au massif de la Bessède, à quelques centaines de mètres au nord de La Salvetat, hameau du village de Cadouin. Il est long d’une dizaine de kilomètres seulement et se jette dans la Dordogne au pied du village de Calès, près du barrage EDF. D’amont en aval, on compte un dénivelé d’une centaine de mètres.

Mais attention, ce paisible ruisseau peut parfois se transformer en un monstre rugissant car il arrive – heureusement très rarement – que le Bélingou sort de son lit et cause d’importants inondations et dégâts. Cela peut se produire lors d’un épisode de fortes pluies. Il devient alors méconnaissable ! La dernière fois, c’était le dimanche 25 mai 2008, il y a exactement 17 ans, lorsque 160mm d’eau tombés en quelques heures sur la Bessède ont surpris tout le monde !

*Photos tirées des archives des « Amis de Cadouin », de l’association « Au Fil du Temps » et du diagnostic établi par la direction départementale suite à l’inondation du 25 mai 2008.

Au fil du Bélingou

En suivant le cours du Bélingou, on rencontre plusieurs sites chargés d’histoire.

Cadouin et son abbaye

À Cadouin, le Bélingou passe en souterrain, d’abord sous certains bâtiments de l’Abbaye, puis sous la rue Porte Saint Louis en empruntant un conduit maçonné, long d’environ 200 mètres. Il refait surface au bout du village, au niveau du grand parking de la Route des 2 Abbayes (D25) où il retrouve son cours aérien.

La présence de l’eau a permis à Géraud de Salles de fonder en 1115 l’Abbaye de Cadouin, devenue Cistercienne en 1119.
L’eau est effectivement essentielle pour la vie d’un monastère. Elle sert à la boisson, mais aussi à la cuisine, la boulangerie, le lavoir, l’hygiène, aux cultures et elle fournit de l’énergie.

L’Abbaye de Cadouin, classée Patrimoine Mondial par l’UNESCO, est aujourd’hui encore un lieu magnifique et vivant avec

  • son église abbatiale de style roman,
  • son cloître, un chef-d’œuvre de l’art gothique flamboyant
  • ses dépendances, aménagées en auberge de jeunesse depuis 1997.

La Grotte de Cussac

La Grotte de Cussac se situe sur la rive droite du Bélingou, à 3,5 km en aval de Cadouin, en face du lieu-dit « Les Truffes » de Molières.

Elle se signale par une cascade, issue de son réseau actif, qui est toujours en activité, même pendant les périodes de sécheresse. C’est la source du Moulin de Farfal. On la surnomme aussi la « Cascade au Bambou ».

La grotte s’ouvre en fait à une dizaine de mètres au-dessus du ruisseau, sur le flanc du massif rocheux. Sa large entrée, donnant sur une petite galerie obstruée depuis des millénaires par un important éboulis, était connue depuis longtemps. La découverte par le Bergeracois Marc Delluc (Spéléo-Club de Périgueux) date du 30 septembre 2000, à la suite de courageux travaux de désobstruction.

Grotte de Cussac - gravure feminine

La grotte de Cussac est une grotte sépulcrale, ornée il y a 30000 ans. C’est l’une des rares grottes ornées majeures en rive gauche de la Dordogne, hors bassin de la Vézère (qui concentre la plupart des sites du Paléolithique périgourdin).

Le réseau de la galerie de la Grotte de Cussac longe la vallée du Bélingou sur près d’1,6km.

L’étude de la grotte est menée avec beaucoup de prudence dans un souci de conservation maximum. Ce joyau du patrimoine mondial est fermé au public afin de préserver son intégrité.

Au Buisson-de-Cadouin, un centre d’interprétation, installé au cœur du bourg, à côté du cinéma, héberge depuis fin 2024 une exposition immersive consacrée à la Grotte de Cussac. Grâce au facsimilé, les richesses de la grotte sont désormais accessibles à tous.

Le Prieuré d’Aillac

Quelque 500m après la Grotte de Cussac, sur les pentes sud, rive gauche du Bélingou, sur le territoire de la commune de Molières, s’élève un grand pan de mur scandé par trois arcs brisés, datant du 12e siècle. Ce sont les restes d’un prieuré, dépendant de l’abbaye de Cadouin.

Ce prieuré fut implanté vers 1120 au-dessous du hameau d’Aillac. L’ensemble comprenait, autour de l’église, dont les restes d’un mur sont donc encore visibles, les diverses dépendances du monastère : cloître, réfectoire, dortoir, … Ces dépendances ont aujourd’hui disparu, mais l’emplacement de leurs fondations est, pour partie, connu.
Le long du ruisseau, les moines y ont également aménagé des étangs, des viviers ou encore un moulin.

Alors, tout compte fait… pas si modeste que ça, ce Bélingou !

1 thought on “Le Bélingou, modeste ruisseau ?

  1. Merci pour cet article sur le vallon du Bélingou. Trait d’union entre la forêt de la Bessède et la vallée de la Dordogne, aussi court que riche en histoire et qui doit receler encore bien des mystères…

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