Constructions en pierre sèche
Au cours des siècles, nos paysans ont épierré les champs, afin de faciliter les travaux agricoles. Avec ces pierres, ils ont élevé dans nos campagnes des murets et des petits abris, appelés cabanes (ou « bories » par certains).
Construites principalement à la fin du 18e et au cours du 19e siècle, ces constructions forment un patrimoine bâti extrêmement riche et varié qui est malheureusement menacé de disparition.
Qu’est-ce la construction en pierre sèche ?
La maçonnerie à pierre sèche est une technique qui consiste à assembler des pierres de différentes tailles sans emploi de mortier liant. Les pierres peuvent être plus ou moins travaillées selon le niveau de soin esthétique attendu.
Le bâtisseur en pierre sèche ou « murailler » s’adapte à la nature géologique et aux formes des pierres utilisées. Chaque réalisation est unique et varie selon les sensibilités esthétiques voir artistiques de l’artisan, ou bien sûr en fonction de la demande du client.
Le principe est de bâtir, « d’empiler » les pierres issues de l’épierrage des champs, ramassées au sol et/ou issues d’une extraction manuelle sur une carrière. On essaie de laisser des joints les plus fins possibles afin de limiter les infiltrations d’eau et de créer un ensemble qui résiste bien aux intempéries. Cela nécessite un ajustage serré et un emboîtement minutieux. C’est comme un puzzle 3D géant.
Un peu d’histoire
On situe l’« âge d’or » des constructions en pierre sèche au dernier tiers du 18e siècle et pendant les trois premiers quarts du 19e siècle.
À cette époque, l’agriculture et la viticulture connaissaient un essor. En cette période aussi, la charrue remplaça l’araire dans nos campagnes. Ainsi, à cause des labours plus profonds, le nombre de pierres soulevées et à faire sortir des champs, augmenta.
À partir de 1880, avec l’exode rural et la crise du phylloxéra, les constructions en pierre sèche connaissaient un déclin important pour s’arrêter presque totalement après la 1e guerre mondiale.
Et lorsque l’on a commencé à élargir les voies de circulation, on utilisa les pierres des murets pour stabiliser la route elle-même. C’est ainsi que des kilomètres de murets ont disparu.
De nos jours…
Dans les années 1970, on commença à manifester un nouvel intérêt pour cette technique. À ce moment-là, le savoir-faire des anciens était purement et simplement oublié et faute d’entretien, ces édifices se dégradaient de plus en plus.
Grâce au travail acharné de quelques passionnés, des stages d’initiation à la pierre sèche et des manuels ont pu voir le jour. Après avoir connu l’abandon et l’oubli, ces techniques et ces constructions ont à nouveau la côte. Les nombreux chantiers de restauration, formations, colloques, journées d’étude, circuits de découverte, pages web, … en témoignent.
Aujourd’hui, en Dordogne, comme ailleurs en France, certains artisans se sont spécialisés dans ces techniques de construction en pierre sèche.
Parlons murets
Les murs en pierre sèche sont des éléments paysagers typiques de certaines régions du Périgord et omniprésents à Molières.
Nous pouvons distinguer plusieurs types de murets.
Les murets de séparation
Ces murets résultent de l’épierrement des champs à une époque où les paysans exploitaient chaque parcelle de terre. Ils servent encore de nos jours à délimiter les propriétés, à séparer des bois, champs et prairies et à dessiner les routes et les chemins.
Les murets de soutènement
Un mur de soutènement vise à retenir une certaine quantité de terre en terrain incliné pour obtenir un plat et ainsi créer des terrasses. Ces constructions, qui nécessitent une bonne résistance à la poussée, demandent une maîtrise technique plus approfondie.
On peut distinguer le mur de soutènement dit « agricole » au mur de soutènement « routier ». En effet, la plupart de nos chemins et de nos routes sont maintenues par des murs, particulièrement élaborés et soignés. Il s’agit là de travaux de professionnels : artisans, tailleurs de pierre et « faiseurs de routes », les célèbres « cantonniers » !!
Parfois, ces 2 types de murets se mêlent : un mur se soutènement s’arrête au niveau du sol et un muret de séparation continue sur sa hauteur.
Les cayroux
Quand tous les murets étaient construits (et même aujourd’hui encore), on empilait les moellons que les labours dégageaient dans un coin du champ ou dans une prairie voisine. Ces « cayroux » ne sont pas de vraies constructions, mais des tas de pierres amassées tant bien que mal. Souvent les cotés des cayroux sont correctement bâtis afin d’assurer une belle longévité à ces tas de pierres.
Les cabanes en pierre sèche
Cabane ou borie ?
En Périgord, aux 17e et 18e siècles, le mot occitan « borie » désignait une ferme isolée, une exploitation agricole, une petite ferme. Ce n’est que dans les années 1970 que le mot « borie » a été popularisé pour désigner les cabanes en pierre sèche.
Des cabanes, comment ?
Témoins typiques de l’architecture rurale du Périgord, les cabanes en pierre sèche font partie d’une « architecture sans architecte ». Contrairement aux bâtiments religieux, militaires et civils, elles ne sont pas l’œuvre d’un architecte mais de paysans et d’ouvriers auto constructeurs ou de maçons dont le nom est perdu.
Tout comme les murets, les cabanes sont construites en pierres sèches. Les pierres, empilées et calées, constituent les murs et les couvertures. Vous trouverez de magnifiques exemples de ce type de cabanes à Saint-André-d’Allas, à mi-chemin entre Les Eyzies et Sarlat : les Cabanes du Breuil.
La confection de la toiture demande une grande habilité. Le principe est simple, mais la réalisation est difficile. Chaque assise de pierres, installée en forme de cercle, doit recevoir à son tour la suivante. Pas de coffrage ni de charpente dans la majorité des cas. Les couronnes se rétrécissent un peu plus à chaque fois. C’est un travail de précision. L’orifice final est fermé par une large dalle plate, parfois coiffée d’une pierre « quillée » (épis de faîtage).
Des cabanes, pourquoi ?
Ces cabanes, souvent éloignées des habitations, accueillaient les paysans qui venaient travailler un champ. Elles servaient à
- partager les repas,
- prendre du repos,
- se protéger des intempéries,
- abriter le bébé que les parents amenaient avec eux,
- entreposer quelques outils, des fagots, des piquets,…
Les cabanes situées plus près des hameaux, faisaient office de bergerie, de poulailler, de clapier, habillaient le four à pain ou abritaient un puits.
Ces cabanes en pierre sèche n’étaient qu’exceptionnellement habitées de façon permanente. Elles pouvaient accueillir des bûcherons, bergers, charbonniers ou même des braconniers.
Les cabanes à Molières
Si à Molières, il reste bien quelques cabanes en pierre sèche, elles sont de nos jours, pour la plupart, bien cachées par la végétation, difficiles d’accès, situées en terrain privé et, malheureusement, souvent en mauvais état, faute d’entretien.
Survivances d’un passé pas si lointain et des qualités architecturales paysannes, ces constructions, encore trop souvent abandonnées, méritent le respect et la sauvegarde.
*Photos mises à disposition par David Fontayne – entreprise Murmuret en Perigord

Les pigeonniers
En vous promenant à Molières, vous trouverez de nombreux pigeonniers et fuies.

Les lavoirs
Les lavoirs étaient des éléments importants dans la vie sociale du village.

Nos fontaines
Partez à la découverte des nombreuses sources ou fontaines de Molières.

Les croix
Comme partout dans nos campagnes, les croix font partie du patrimoine.


















